San Michele

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San Michele

Des lys aux bras, pour San Michele,

A l’avant du vaporetto,

Les veufs embarquent et se hèlent,

Aux pontons gris des quais nouveaux

 

Dans leur strict costume de deuil,

Le même qu’à l’enterrement,

La cire des lys comme linceul

Recompose l’ancien tourment.

 

Leur silence communique à bord

Un bref retour sur autrui.

Et tous songent à leur propre mort,

Au cercueil tanguant sous la pluie.

 

Le silence apparaît aussi

Sur les tons roses de la pierre

Aux rehauts de blanc si précis,

Dans l’humide et verte lumière.

 

Quand le vapeur, vers Murano,

S’éloigne, morne balancelle,

Des fleurs rouges entre les anneaux

Scellés des urnes étincellent.

 

 

1 comment:

CONGIU Corine Sylvia4 novembre 2013 at 18 h 00 minReply

Bravo ! Très beau poème, un peu morbide, comme je les aime ! On sent la voyageuse ! Bisous
Corine Sylvia Congiu